suite de l' histoire :
Il roule,
il roule vers la rivière,
vers le pont,
Il sait déjà où il va.
En face, sur l' autre rive,
il voit les rochers et la petite route creusée dedans ...
et aussi la petite voiture blanche qui descend elle aussi vers le franchissement de la gorge ...
Il arrivera avant elle ...
Il aura le temps.
Il fonce,
la route sinueuse il la connait ... dans les bois descendant de son village.
Il l' a prise souvent .C' est la plus rapide pour aller rejoindre ses copains au bistrot du village d 'en face.
Enfin maintenant, il ne va rejoindre personne, parce que personne ne l' a suivi dans ses bordées et dans son escalade vers plus de "sensations".
D' autres ont arrêté avant ...
un accident (fatal)...ou un mariage (calmant les ardeurs du jeune âge)
Rangé ? Lui ? ...
Oh non !
ni dans une boîte ni dans un lit !
Non pas rangé
plutôt dérangé oui !
Tout essayer, les risques, les situations extrêmes et toujours plus de frissons.
D' abord, quand on peut, on va aux limites du physique dans des défis farfelus ...
tant que le corps tient la route.
On absorbe toute sortes de breuvages
et puis on passe des soirées "cool" après une virée accro en montagne.
Pour se "détendre", on passe aux choses un peu plus "sérieuses".
Bah !pas grand chose !...
une petite défonce de la tête après une petite défonce du corps !
des produits bizarres !!
des pilules qu' on ne trouve pas dans les bistrots !..(mais c' est bien par là qu' on a commencé ..hein !
dans les bistrots !Oh ! )
Alors on voit plus loin,
on change de perceptions et on sort un peu du circuit ...
On reste pas avec les bas de plafond, nous !!
On veut planer plus haut,
on veut du fort ,du must .
Et puis on se retrouve dans sa chambre, à préparer des mixtures dans des petites cuillères
et pour que ça rentre mieux, on se les injecte directement dans les veines.
Le sang, ça pulse,
ça jette la dope direct là où il faut,
ça t' envoie au plafond ...
même avec ta copine, c' est moins bien ...
Alors tout seul tu t' aperçois que ta seringue, tu lui fais un autel, avec de l' encens ;
et tu lui fait son offrande de poudre de plus en plus souvent.
Toujours plus, parce que cette divinité est exigeante .
Elle te mène dans des contrées où la seule plante qui pousse est le pavot,
et rien d' autre autour, même pas dans ta tête .
Tu t' aperçois que ce paradis ne te donne plus de rêve.
Ça devient froid, dur et imposant.
Tu te dis que les gens qui se contentent de leurs "petites vies" sont enviables,
un peu médiocres peut être
mais eux au moins, ils ont des rêves.
Les tiens sont morts ,
Les tiens sont froids
C' est trop tard, ta déesse réclame ton sang,
réclame ton âme.
Alors tu hurles et on t' enfermes.
Tu n' en peux plus, évidement personne ne peut te comprendre. Tu fais peur.
Ça fait mal de te voir comme ça, ça peut se comprendre.
On est si désemparé devant l' inconnu.
Non, ce n' est pas une maladie, ça ne se soigne pas avec des médicaments.
Les âmes perdues ne se repêchent pas dans les filets calibrés des connaissances scientifiques.
Et toi, tu vois ton corps qui réduit ton âme à l' esclavage.
Haut,
tu es plus haut
tu vois le monde petit,
avec des petits hommes
avec des petits cœurs,
bien trop petits pour te comprendre ...
Bien sûr, c 'est bien plus que de la compréhension qu' il te faudrait .
Il faudrait qu' on te dise ...
qu' on te dise ....
qu' on t' aime ...
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