Il était une fois, il y a fort longtemps, un petit oiseau qui cherchait dans la forêt un arbre pour construire son nid pour passer l' hiver
Il allait partout dans la forêt mais personne ne voulait lui prêter ses branches pour qu' il se fasse un abri.
Il était allé voir le chêne, le grand et noble chêne
qui l' avait renvoyé car il ne voulait pas avoir de bruit chez lui
à part celui du vent qui caressait son noble feuillage.
"Comprends tu, au printemps tu vas avoir des petits.
Ta marmaille va faire du bruit, ce qui ne conviendra nullement dans mon quartier (de noblesse ... bien sûr)
Et puis mon bois sert à faire les meubles de Monsieur le Comte et il ne faut pas que je sois stressé sinon mes planches sortiront toutes tordues de la scierie ... "
Tout déçu, il s' en alla voir le hêtre,
l' aristocrate,
qui lui aussi le rejeta :
"Comprends tu, mon bois sert à chauffer Monsieur le Comte et si tu fais des fientes sur mon écorce, il risque de se salir les mains, lui qui m' a choisi pour ma propreté ;
même qu' on m' appelle "le bois de monsieur"(en Franche Comté) alors ..."
Il passa à côté du bouleau,
la vieille duchesse de la forêt,
toute serrée dans ses dentelles blanches
Avec ses feuilles elle fit un geste de dédain, lui disant :
"Passe ton chemin, je n 'ai que faire de si petites plumes ...
si encore tu étais une autruche !..."
(n' importe quoi !)
Le frêne refusa,
le saule refusa,...
il ne restait plus, au fond de la forêt
... qu' un tout petit sapin
Lorsque l' oiseau lui demanda une branche pour construire son nid, le petit sapin répondit tout triste :
"Personne ne veut de moi, seuls les paysans, qui n' ont pas les moyens de se payer du chêne se servent de moi pour faire leurs meubles, .... mon bois ne tient pas bien longtemps dans la cheminée, je ne sers qu' à faire du papier, et encore, pas le meilleur ...
et pour finir on fait de mon bois les cercueils pour les pauvres ...
alors si tu veux, tu peux toujours essayer de te faire une petite place, mais je te préviens, mes aiguilles ....
elles piquent !"
Tout content, l' oiseau se mit à chanter
Le Bon Dieu,
qui avait tout vu et tout entendu, entra dans une colère noire.
La foudre et le tonnerre, tout y passa et il déclara:
"Eh bien !
puisque c' est comme ça, je vais sévir ...
Pour votre manque de solidarité envers le peuple de la forêt, dorénavant à chaque fois que l 'hiver approchera,
vous perdrez toutes vos feuilles,
seul le sapin gardera ses aiguilles.
Toi le chêne, toi le hètre, pour votre honte vous garderez vos feuilles mortes au bout des branches jusqu'au au printemps.
Toi le frêne, tu saigneras quand on te couperas,
quand à toi le bouleau, pour ton geste de dédain, je te donne la maladie de Parkinson et tu trembleras de toutes tes feuilles tout au long de l' année !!"
Un grand silence se fit,
.... les pies, les piverts, les buses, même les geais,
d' habitude si criards ...
tout le monde se tut
seuls quelques corbeaux,
oiseaux de circonstances,
se permirent de faire une remarque :
...."Couac !
c' est bien fait !"
...
Puis tout ce petit monde entrepris l' emménagement de la petite famille de l' oiseau
et c' est à qui apporterait la plus belle décoration pour la nouvelle demeure.
Les araignées tissèrent de belles guirlandes de soie, les insectes firent de charmantes boules avec de la mousse et les accrochèrent délicatement avec du lichen,
et à la nuit tombée le héron alla chercher des lucioles qu' il posa précautionneusement sur le bout des branches
petites lumières pour l' hôte généreux.
Bien sûr, on a jamais cru le vieux monsieur qui affirmait avoir vu tout cela dans la forêt,
Il faut dire qu' il était bizarre ...
Un gros bonhomme,
avec une grande barbe blanche
toujours en train de rigoler
et cette manie de toujours s' habiller en rouge !!!
Posté le 23/12/2007 à 20:47 sur iGloo blog
