Rire ou se moquer



Je voulais juste vous raconter l' histoire d' un bûcheron.

Peut être n' est elle pas tout à  fait véridique mais bon
ce n' est qu' une histoire ...

Cet homme, qui avait choisi de gagner sa vie en coupant des arbres, eu un jour un accident.
Les arbres lui en voulaient-ils d' être coupés ? Avait-il été imprudent ?
Malgré tout le respect qu' il avait pour les arbres qui nourrissaient sa famille, ceux ci prirent sa main droite, comme ça !
entre le tronc et la pierre ...
Dure loi de la nature.

Tout réparé par les médecins de la ville,
il rentra chez lui et s' en alla demander au forgeron du village de lui refaire une main.
Peu de temps après,
il revint à la maison avec son moignon garni d 'une sorte de pince qui lui permettais de saisir les objets et il chercha une activité pour subvenir aux besoins de sa famille .
Il appris rapidement à  utiliser son nouvel instrument et se mit à façonner des jouets pour les enfants du village en adaptant sur sa pince des outils de sa fabrication

Son atelier était souvent rempli de gamins qui le regardaient faire et il avait tellement pris l' habitude de se servir de sa nouvelle main qu' il l' oubliait et il lui arrivait de se gratter le nez ou une oreille avec sa pince .
Cela déclenchait des cascades de rires et je soupçonne que les enfants ne venaient bientôt que pour cela.
Le vieux bûcheron, loin de s' en offusquer, en jouait et gardait ainsi les enfants près de lui.

Pour leur bonheur et ... pour le sien.

Rire ou moquerie ?

Le bûcheron avait choisi de n' écouter que les rires,
pour lui c' était sa manière de respecter les enfants, de ne pas leur faire sentir la peine que le sort lui avait fait subir.

La politesse du désespoir 
en quelque sorte.

Je me souviens de cette réflexion d' une vieille dame de mes connaissances :

"Si chacun posait sa croix dans un champ ... au moment d' aller la rechercher, il ne prendrait pas celle de son voisin" 

Elle était infirmière chef de l' hôpital d 'Annecy.

Elle parlait aussi des gens valides qui disaient qu' en cas d' accident ils préféreraient disparaître que de finir leur vie en fauteuil roulant et elle donnait son témoignage de personnes au bord de la décadence physique et à qui elle demandait ce qu' ils attendaient de la vie et dans la grande majorité elle avait entendu :

"Encore, 
j' en veux encore !"

La souffrance à de multiples facettes et personne n' est détenteur de la vérité sur la manière de l' appréhender.
personne n' est seul à souffrir et ne peut s' arroger le droit de dire comment on peut en parler.

On peut en rire sans s' en moquer, et on n' a jamais guéri un cancer en pleurant dessus.

Que penser de cette autre dame qui toute sa vie avait boité.
Du jour où elle se fit opérer et redevint "normale", elle se trouva toute dépitée de n' être plus remarquée dans la foule et que les gens ne lui cède plus la place comme avant.

Souffrance ...
destin ou statut ?
On lutte ou on subit ?
Mais de là à se battre pour la défendre et la revendiquer ???
Je souffre donc je suis ?
Ou alors ...
Touche pas à ma souffrance ?

Et le vieux bûcheron, lui, continue de faire rire les enfants ...

avec amour.

Je dédie cet article à  tous ceux qui ont débattu avec véhémence sur l' article de Graykzz

Ça m' a fait de la peine de voir tant d' incompréhension sur un tel sujet.

Et n' oubliez pas de rire ... surtout ...

La vie est trop grave pour être prise toujours au sérieux.

Bises à tous




Posté le 28/02/2008 à 14:35 sur iGloo blog